Pop it ! 2018 : toujours plus de séries

Tous les 15 jours, une sélection d’articles de ce qui ne fallait pas rater sur la mutation et l’actualité des médias.

Le sujet de la semaine

Cette semaine, on va parler séries. Parce que, mine de rien, des séries il va y en avoir de belles en 2018. On va même avoir tellement de choix qu’on ne va plus savoir quoi regarder. C’est bien simple, rien qu’aux Etats-Unis, 487 séries sont sorties en 2017. Je précise « rien qu’aux Etats-Unis » car personnellement, je ne regarde pas seulement des séries américaines.
En 2017, par exemple, j’ai regardé des séries françaises (Dix pour cent, Le bureau des légendes, Fais pas ci fais pas ça, Baron noir, etc.), une série brésilienne (3%), des séries britanniques (Crashing, Chewing-gum, Lovesick…) et même une série australienne (Please like me).
En 2018, la production de séries aux Etats-Unis devrait continuer d’augmenter, parce que les chaînes veulent conserver leurs abonnés, et les plateformes (Netflix, Amazon, Hulu et maintenant Apple) veulent séduire de nouveaux utilisateurs. La guerre des contenus est déclarée depuis un petit moment, et tous les acteurs mettent le paquet sur la fiction, pour laquelle l’appétit du public semble ne pas avoir de fin.

Le bilan de Médiamétrie sur le sujet, « Scripted Series Report », indique qu’en 2017 « les séries restent un genre toujours aussi porteur et universel pour les chaînes de télévision à travers le monde. Un genre qui booste l’audience du prime time dans de nombreux pays, dans certains même de manière substantielle comme au Danemark, aux Etats-Unis ou en Turquie par exemple. (…) En 2017, on compte toujours plus de nouveautés : 3 séries sur 10 sont des séries originales ; 70% des séries sont diffusées sur les chaînes leaders, les séries policières ont progressivement laissé la place aux séries historiques ; enfin, les séries sont composées d’épisodes plus longs mais moins nombreux. (…)Si elles continuent de voyager à travers le monde, ce sont cette année encore les productions nationales qui, dans chaque territoire, remportent tous les suffrages. Elles sont à la fois les plus diffusées et les plus regardées : en 2017, plus de la moitié des séries proposées en prime time sur les principales chaînes étudiées dans le rapport, sont des séries locales. La série #1 dans chacun des pays étudiés est même plus de 9 fois sur 10 une série locale. »

En France, dans le top 100 des programmes les plus regardés de l’année, la fiction française se classe à la 21ème place avec… Capitaine Marleau. La série de France 3 apparaît d’ailleurs à plusieurs reprises dans le classement. Elle devance, en nombre de téléspectateurs, l’audience de la soirée Miss France ! Viennent ensuite les séries de TF1 (Section de recherche, le Tueur du lac, La mante, Nos chers voisins, Clem), et de France 2 (Les petits meurtres d’Agatha Christie).

Le CNC n’a pas encore publié les chiffres de la production de séries en France en 2017, mais 2018 devrait être riche en nouveautés, entre les créations originales de Canal +, le nouveau feuilleton quotidien de France 2, voulu par Delphine Ernotte-Cunci, les nouvelles cases de deuxième partie de soirée, toujours sur la 2, pour lesquelles sont développées des séries aux sujets plus « audacieux » : No futur de Fabrice Eboué, road movie de candidats au suicide, et Sex Thérapie d’Audrey Dana.
Le groupe TF1, déjà bien présent dans le top 100 avec ses séries originales, vient également de passer un nouveau cap en renommant sa chaîne HD1 : ce sera désormais TF1 Séries Films (ça a le mérite de clarifier la ligne éditoriale) et elle proposera la première fiction de Bangumi, la boite de prod de Yann Barthès, une série courte dans l’univers d’un label musical.

2018, c’est aussi l’année où seront lancés les deux festivals internationaux des séries en France, celui de Cannes (où sera diffusée en exclusivité la série adaptée de La vérité sur l’affaire Harry Quebert), CanneSéries, et celui de Lille, voulu par le gouvernement et mené par les équipes déjà en charge de Séries Mania.

Bref. Sur les quelques 700 ou 800 séries, toutes nationalités confondues, qui verront le jour sur nos écrans en 2018, il va falloir faire un choix.

Heureusement, pour nous aider, il y a des articles qui listent les plus attendues.
Ce qu’il y a de bien c’est qu’ils sont à peu près tous d’accord (sauf Konbini qui fait une sélection un peu différente) sur la douzaine qu’il faudra regarder.

La question qui reste en suspend est finalement celle-ci : y aura-t-il un public pour les 788 autres séries qui seront lancées cette année ?

A lire aussi

Le top de l’inutilité (et de la bêtise)
Cet article aurait tout à fait pu être mon sujet de la semaine tant j’ai adoré découvrir ce meilleur du n’importe quoi des objets connectés.
Entre la salière connectée (oooh, ça fait de la lumière aussi, c’est beau), et le grille pain imprimante (oooh, le toast emoji dessiné par mon enfant, c’est beau), mon cœur balance (et tant de beauté m’ébaudit).

Facebookenstein
Affordance revient sur les mea culpa de la Silicon Valley et sur la façon dont Facebook y a répondu. C’est absolument génial.
Olivier Ertzscheid, maitre de conférences en sciences de l’information, résume : « Souvent dans l’histoire des technologies, on observe un « moment Frankenstein », ce moment où ceux qui ont développé lesdites technologies ont l’impression d’avoir fabriqué un monstre et où ils ont aussi l’impression d’être dépassé par leur créature. C’est ce moment que traverse Facebook actuellement. »
Puis, il explique qu’il a deux théories sur le sujet. La première c’est que « les ingénieurs de la Silicon Valley traversent une crise « éthique » de la quarantaine (ou de la trentaine), après que l’enthousiasme de la jeunesse indexé sur la joie des stock-options et sur la fébrilité des dividendes leur a permis de développer des technologies, des interfaces et des fonctionnalités dont on n’avait pas trop le temps de se demander si elles n’étaient pas un peu quand même de la merde, voilà qu’on allait se mettre à découvrir qu’on avait passé tout ce temps du côté obscur et qu’on allait illico créer d’autres fonds de Capital Risqueurs mais attention hein, du capital risque « éthique » et du label « Time Well Spent » et on allait voir ce qu’on allait voir en termes de Privacy By Design et tout et tout. »
Sa deuxième hypothèse tient en une phrase (mais il développe quand même après) : « Avant t’avais plein de théories sur l’éducation. Et puis un jour t’as des enfants.
Voilà mon autre hypothèse. Simple. Tous ces types ont fait des enfants. Avant ils avaient des jolies théories et plein de thune. Et maintenant ils ont plein de thune et des enfants dont l’observation seule suffit à bousiller n’importe quelle belle théorie sur l’éducation aux médias (j’utilise ici un argument d’autorité vu que j’ai moi-même plein de théories et plein d’enfants). Mais bon convenez que répondre ex-abrupto « Ben c’est parce qu’ils ont des gosses en âge d’avoir un compte Facebook » à la question « Mais que se passe-t-il dans la Silicon Valley et Facebook détruit-il vraiment le lien social ? » eut été aussi court que discourtois. »

Comment les selfies ont-il impacté l’industrie de la beauté ?
On n’y pense pas mais faire des selfies #nofilter c’est un sacré boulot. Il faut accrocher la lumière, savoir faire du « contouring », et surtout, avoir l’air hyper nature alors qu’en fait on est hyper maquillée. Heureusement les marques beauté ont créé des produits qui ciblent les fans de selfies. Ouf. Il y a un produit pour ça.

L’audio continue sa révolution
Après le podcast, le magazine lu par des acteurs.

Bienvenue !
Loopsider, nouvel acteur de la vidéo « à la Brut » vient de se lancer sur les réseaux sociaux. Peut être que dans un an, on dira « vidéo à la Loopsider » ?

Comment rajeunir son audience ?
C’est la question que se posent tous les acteurs de la télévision traditionnelle. Ou comment retenir l’attention d’un public de plus en plus volatile, de plus en plus enclin à laisser tomber les écrans traditionnels pour les plateformes en ligne, qui proposent de plus en plus de contenus de qualité… sans publicité. En marge du CES à Las Vegas, deux grands patrons de l’audiovisuel américain (Turner et Hulu) ont jugé tout à fait possible de rajeunir l’audience de la télévision traditionnelle… à certaines conditions.

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