RuPaul’s drag race, le meilleur programme de téléréalité de tous les temps ?

RuPaul’s drag race, c’est un programme de téléréalité qui vous attrape tout doucement, progressivement, presque en traître. RuPaul’s Drag Race, vous regardez ça la première fois avec un petit air amusé, détaché, limite supérieur de celle à qui on ne l’a fait pas, et puis vous vous retrouvez à enchaîner les épisodes en binge watching et à verser votre petite larme dès qu’une drag queen est éliminée. En traître, on vous dit… Mais comment fait-il ?

Le pitch ? A chaque nouvelle saison (il y en a déjà 9), 14 drag queens sont sélectionnées pour participer à l’émission RuPaul’s drag race. Une seule d’entre elle sera couronnée « prochaine superstar américaine du drag » (America’s next drag superstar), au terme de 14 épisodes où elles devront remporter des petits et des gros challenges (jouer la comédie, défiler, danser, imiter des personnalités, faire du stand up etc.).

Evidemment, le programme est monté comme toute émission de téléréalité qui se respecte : musique et bruitages omniprésents, mélodramatiques ou soulignant les actions des candidats, confessionnal face caméra où chaque participant peut dire du mal des autres, moments d’émotion et d’intimité (toujours aux alentours de l’épisode 10) où les queens se confient sur leur parcours (souvent difficile). Et placements de produits intempestifs (pour des marques partenaires puisque chaque challenge remporté est récompensé par des produits de beauté / perruques / robes ou pour les produits de RuPaul lui-même (disque, maquillage…)).

Bref tout cela devrait être profondément énervant, et pourtant c’est totalement addictif. Eléments d’explication.

Parce RuPaul

rupaul
RuPaul est fascinant, magnifique, sympathique. Fascinant parce qu’il passe allègrement (tout comme les participants à l’émission) du costume d’homme à celui de femme, et que, ce n’est définitivement pas la même personne ! Magnifique parce qu’il est une femme sublime, il est une publicité vivante pour l’art du drag à lui tout seul (en même temps, c’est la star du show, à la fois juge et modèle des candidats). Sympathique parce qu’il semble proche des participants, les écoute, leur donne des conseils, et a toujours un mot gentil quand une drag queen quitte l’émission. Bref. RuPaul a gagné, en 2016, l’Emmy Award du meilleur présentateur TV. C’était mérité.

Parce que les gimmicks

giphy
RuPaul’s drag race, c’est un ensemble de petites phrases qui reviennent au fil des épisodes, et qu’on peut donc répéter en même temps que le présentateur star. C’est comme si, nous, simples téléspectateurs, devenions complices de RuRu (son petit surnom) et qu’on entrait dans le club fermé de « ceux qui savent ».

Résultat : au bout de trois ou quatre épisodes seulement, RuPaul est devenu un pote, et RuPaul’s drag race MON show.
« Start your engine, and may the best women win »
« Bring back my girls » quand RuPaul a pris sa décision et qu’il fait revenir les filles sur le podium afin d’annoncer les deux qui risquent d’être éliminées.
« My dear, you’re up for elimination » quand il en désigne une.
« The time is come to lipsync for your life » (avec une réverbe sur le mot “life”) quand les deux dernières queens doivent chanter en playback pour espérer rester dans l’émission.
« Good luck and don’t fuck it up » avant le combat final.
« Sashay away » pour éliminer une drag de la compétition.

En fait, il a tellement d’expressions identifiées qu’il y a même un dico en ligne qui les répertorie et les explique.

Mieux, ce n’est pas seulement qu’il instaure des gimmicks revenant à intervalles réguliers dans chaque émission, c’est que ces gimmicks ont chacun un rythme bien particulier (que le spectateur peut donc, une fois encore, reproduire).

« Start your engine, and may the best women win » (le win monte dans les aigus)

«Sachay  (Pause mélodramatique) Away »

Les épreuves changent, les candidats aussi, mais le spectateur n’est jamais perdu. Il ne sera jamais éliminé, lui. Thanks Ruru !

Parce que les participant(e)s

rupaul-saison6
Evidemment, les drag queens sont très bien castées, avec des profils très différents. Il y a toujours quelques « vieilles » (plus de 30 ans !), au moins deux ou trois en surpoids, la marrante, la belle (toujours un peu pétasse, qui ne compte que sur sa beauté. Spoiler : ça peut mener loin mais ça ne suffit pas), la timide qui ne se dévoile pas tout de suite, l’idiote qui ne comprend pas grand-chose à l’humour, l’énervante qui cherche à imposer son style, etc. Mais attention, contrairement à d’autres téléréalités, les personnalités de chacune sont souvent assez étoffées. La méchante n’est jamais totalement mauvaise, parfois elle aide les autres. La pétasse est souvent peu sûre d’elle. La timide se révèle toujours vers la fin (« tu es enfin sortie de ta coquille ! » « Tu nous as enfin montré qui tu es vraiment ! »).

Et, magie du montage, comme dans une bonne fiction c’est quand on pense avoir cerné l’une d’entre elles qu’elle s’avère être différente de ce que l’on pensait.

Parce que la scénarisation
Malgré les techniques éculées, vues et revues de ce type de show (casting caricatural à la base, musique et bruitage, confessionnal…), RuPaul’s drag race réussit à être inattendu.

Dans RuPaul’s drag race, la scénarisation est claire, assumée, mais réussie. C’est une vraie série, où l’on tremble pour sa drag queen préférée, où l’on découvre soudain un personnage jusqu’ici secondaire, où certains se dévoilent seulement après un événement, où il y a de la surprise. Et quand on s’attache trop à une drag queen, ça risque d’être le moment où elle sort. Gasp !

Parce que le drag

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Le drag queen c’est le show. Exubérant. Fou. Drôle. Ridicule. Cynique. Exubérant (ce n’est pas une répétition, c’est fait exprès).
Le drag queen est toujours too much. Des talons de 20. Des paillettes partout. Du maquillage outrancier. Des perruques XXL. Des fringues hallucinantes.
Le drag queen n’est pas un homme qui essaie de ressembler à une femme. C’est bien plus que ça. C’est une femme ++++ (plus de cheveux, plus de seins, plus de cils, plus de talons, plus de jambes, plus de lèvres…) avec une voix d’homme.
Le drag queen est un entertainer. Qui se donne à fond pour le spectacle.
Enfin, chaque drag queen a son style, sa patte personnelle. Le drag queen est un artiste.
Et RuPaul’s drag race sort l’art du drag queen des circuits undergrounds et des club gay pour le rendre grand public.

Parce que c’est tendance.
Chaque saison accueille son lot de célébrités, venues juger un challenge : Demi Lovato, Jessica Alba, Neil Patrick Harris, Nicole Richie, Miley Cyrus etc.

Bref. Comme si tous les arguments précédents ne suffisaient pas, regarder RuPaul’s drag race c’est faire comme les stars américaines les plus cools du moment (bon, ok, sauf Taylor Swift et Beyonce).

 

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2 réflexions sur “RuPaul’s drag race, le meilleur programme de téléréalité de tous les temps ?

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  2. Ping : Pop it ! La téléréalité (et plus largement la télévision) est-elle nocive ? – Pop It Or Not

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