Read it or not : Les César lavent-ils plus blanc ?

Cinéphiles, préparez-vous à entrer dans un long tunnel de cérémonies de remise de prix ce week-end. Avec, ce soir, la diffusion des César. Et, dans la nuit de dimanche à lundi, la retransmission des Oscar.

Et, ouf, cette année, la diversité se porte mieux Outre-Atlantique. Car souvenez vous, l’an dernier, la cérémonie américaine avait été pointée du doigt : pour la deuxième année consécutive, aucun acteur noir n’avait été nommé (sachant que depuis sa création, en 1928, seuls 39 Oscar sur 1828 ont été attribués à des personnes de couleur, principalement pour des seconds rôles, ou pour la musique).

En 2017, tout va mieux. L’Académie a compris le message, et la diversité est plus présente : huit et six nominations pour Moonlight et Lion, quatre pour Fences et trois pour Les Figures de l’ombre. L’histoire ne dit pas encore si leurs nominations se transformeront en statuettes dorées…

Et en France, d’ailleurs, où en est-on côté diversité ? D’après la liste des nommés aux César, les « minorités » (c’est-à-dire les personnes d’origines diverses, mais aussi les femmes) sont plutôt bien représentées : trois nominations pour la réalisatrice Houda Benyamina (dans les catégories meilleur film, meilleur premier film, et meilleur réalisateur), une pour l’acteur Omar Sy (Chocolat), une pour Déborah Lukumuena (Divines), une pour Oulaya Amamra (meilleur espoir féminin pour Divines), une pour Maïmouna Doucouré (meilleur court métrage, Maman(s)),  une pour Alice Diop (meilleur court métrage, Vers la tendresse).
Remercions Divines, sans qui on n’en serait pas là…

Tout cela me permet de rebondir habilement sur la table ronde organisée le 23 février par le CNC et intitulée « La nouvelle génération de femmes dans les métiers du cinéma ». Y était notamment présente Brigitte Rollet, universitaire spécialiste des questions de genres au cinéma, qui a souligné que les César sont plutôt bons élèves en ce qui concerne les nominations de femmes, et notamment de réalisatrices. « En revanche, il est bon de noter que si de nombreuses réalisatrices font partie de la sélection, aucune d’entre elles n’est jamais repartie avec un prix. A l’exception de Tonie Marshall, César du meilleur réalisateur pour Venus beauté (institut) en… 2000. » a-t-elle ajouté.

Dans ce colloque, on a également appris que les réalisatrices sont payées en moyenne 42% moins cher que leurs homologues masculins. 42%. Quand même.

Et les témoignages des femmes présentes lors de la table ronde, s’ils ont été majoritairement optimistes (« Non, franchement, je n’ai pas senti de plafond de verre ou de sexisme. Non, ça va, j’ai plutôt eu de la chance… »), ont parfois été édifiants. Comme celui de Maïmouna Doucouré, la jeune réalisatrice de Maman(s)*, qui a expliqué s’être trouvée devant un groupe de jeune fille d’une dizaine d’années qui lorsqu’elle a expliqué qu’elle était réalisatrice, ont répondu, choquées : « Ah bon ? Mais t’es jolie !!! ».

C’est vrai qu’un métier intellectuel exercé par une belle femme, c’est grave les boules…

Malgré tout ça, inutile de parler de féminisme, ce gros mot. Non, se revendiquer féministe, lutter pour l’égalité des droits, pour des rôles de femmes intelligentes, indépendantes, et fortes, franchement, ce n’est pas la peine. Sauf exceptions bien sûr.

Pour finir, parlons également de diversité sociale, et revenons à nos moutons de départ, c’est-à-dire les César.
Avec cette question essentielle : les petits producteurs (donc pauvres) ont-ils autant de chances que les plus grands (donc riches) d’être nommés dans une catégorie ? Non, répondent les Inrocks. Pour apparaitre dans le coffret de DVD (150 films) remis aux votants des César, il faut s’acquitter de 7000€. Un investissement non négligeable pour certains producteurs qui font donc le choix de ne pas verser la somme. Et deviennent dès lors invisibles aux yeux des votants.

Malgré tout ça, il n’est pas interdit de regarder les cérémonies. Il peut potentiellement s’y passer des trucs marrants… ou pas 

Enfin, on peut aussi regarder la télé en s’amusant à jouer au bingo des César.

Donne moi de la pop, bébé

L’abus de pop culture est mauvais (ou bon, on ne sait plus trop en fait) pour la santé
Surtout, la pop culture développe des concepts et des symptômes que vous avez peut être déjà éprouvés. A vérifier…

Grossesses publiques
Que fait une youtubeuse beauté quand elle tombe enceinte ? Elle mute en youtubeuse enceinte. Et relate sa grossesse jour après jour. D’un côté, c’est bien, ça permet de témoigner d’un état qui n’est pas forcément toujours facile à vivre (vergetures, poids, remontées acides, etc.) et donc de sortir de la vision Bisounours de la chose. D’un autre côté, quid des pères, qui eux ne sont pas youtubeurs, n’apparaissent pas dans les vidéos, et peuvent se sentir dépossédés de cette part de l’intimité de leur couple ?

Montre moi comment tu fais tes courses, je te dirai qui tu es
Autre grosse tendance youtube : le déballage des courses de supermarché. Parce que oui, figurez-vous que les youtubeurs sont des gens comme les autres : ils font leurs courses au supermarché du coin. Et non, figurez-vous qu’ils ne sont pas tout à fait comme les autres : ils déballent leurs courses devant une caméra. Et il y a des gens qui regardent.

Tout, rien, pas grand-chose, mais quand même un peu

Une semaine sans Trump
Et oui, il n’est jamais bien loin… Un journaliste du New York Times a décidé de se sevrer des infos sur (ou par) Donal Trump pendant une semaine. Bilan ? Il n’a pas vraiment réussi puisque l’arrivée de Trump au pouvoir a infusé l’ensemble des sphères de la société. Le Bachelor ? Les participantes font des blagues sur le président. Big Bang Theory ? Le showrunner intègre au générique des propos anti Trump. Les Golden Globes ? Meryl Streep y a tenu un discours anti Trump. Les Grammys ? Une chanteuse, Joy Villa a affiché son soutien au président avec une robe Make America great again. Le Super Bowl ? De nombreuses publicités ont pris un tour politique. Même Amazon lui suggérait du papier toilette à l’effigie du président comme cadeau de Saint Valentin…

Zob in job 
On ne va pas se stresser pour autant. En Suède, un conseiller municipal a trouvé une solution contre le stress au travail : proposer des pauses sexe aux employés.

Puisqu’on en parle
Qui dit pauses sexe dit consentement. Or, il y a au moins sept raisons qui expliquent pourquoi les hommes ne comprennent pas le consentement sexuel (#old).

Sur la route
Super old mais à lire absolument si vous étiez passé à côté. Une journaliste du Monde s’est infiltrée dans le téléphone portable d’une migrante, et retrace son parcours à travers ses échanges sur whatsapp avec ses amis et sa famille (ceux qui sont restés au pays, et ceux qui sont déjà passés en Allemagne). Et d’un coup, tout devient plus réel, et l’identification est totalement évidente.
A partir de cette matière, Pixel Hunt va créer un « jeu » sur mobile. Ça s’appellera « Enterre moi mon amour », une phrase que les Syriens échangent en guise d’adieux, pour dire « Surtout, ne meure pas avant moi ».

Bamboula, bougnoule, what else ?
Pareil, on est dans le vieux mais indispensable cette semaine (vous vous souvenez que je n’étais pas là la semaine dernière ? Ceci explique cela). Ce témoignage sur le racisme ordinaire mérite d’être lu (et non, ce n’est ni moraliste, ni culpabilisant, ni larmoyant, c’est juste bien)

En images

Finalement, les sondages l’avaient vu venir
Une fine analyse en vidéo (sous titrée en Français) sur les raisons pour lesquelles Trump est devenu si populaire avant la primaire des Républicains, a éclipsé les autres candidats à l’investiture, et s’est classé premier dans les sondages. Pourrait-on retenir la leçon pour le mois de mai prochain ?

Nina Simone, étoile incomprise
J’adore Nina Simone. Et j’adore Loïc Prigent. Alors quand le second dresse le portrait de la première, je dis oui.

*Maman(s) est visible sur Netflix

La prochaine revue de presse (et celles qui suivront) sera publiée le lundi. Parce que je le veux.

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