Read it or not : Cannes, toute puissante

Si on vous dit “Cannes”, vous pensez certainement Côte d’Azur, Soleil, Croisette… et festival. Cannes, c’est le haut lieu du cinéma, l’endroit où chaque année au mois de mai, toute l’intelligentsia parisienne se rend, ainsi que les stars internationales.

En mai, à Cannes, on rêve palace, fiesta et cinéma. J’ai passé un nombre incalculable de mois de mai scotchée devant Canal +, à regarder chaque soir les montées des marches, à suivre les aléas de la compétition, à vibrer pour tel ou tel film (sans même les avoir vus, juste en ayant lu les critiques), à ne pas manquer la cérémonie de clôture.

Et, en dehors de l’écho international que le Festival de Cannes donne à sa sélection de films en compétition, c’est aussi le lieu ou toute l’industrie cinématographique se retrouve. C’est là où le marché du film bat son plein, où les relations se nouent, où les nouvelles technologies sont présentées.

C’est un haut lieu du pouvoir audiovisuel. C’est aussi là où, en avril, à lieu le MIPTV, le marché des programmes télévisuels, où se retrouve tous les producteurs, diffuseurs et autres dirigeants mondiaux du monde de la télévision.

Cannes, donc, hyper au taquet sur tout ce qui concerne le cinéma et l’audiovisuel, a annoncé qu’elle souhaitait candidater pour organiser un festival international de séries, voulu par le ministère de la culture et de la communication. La ville a donc envoyé son dossier. Or, en début de semaine, le ministère a fait part de ses choix de finalistes : Cannes n’est pas en lice. Tout se jouera entre Lille et Paris.

C’est là que ça devient drôle. Parce que la ville de Cannes dit : on s’en fout, on organise le festival quand même. Et ils annoncent une date : avril 2018 (accolé au MIPTV et juste avant le Festival de films, comme ça, tout ceux qui travaillent dans l’audiovisuel ou le cinéma, comme les journalistes spécialisés par exemple, n’ont plus qu’à emménager à Cannes pendant les deux mois pleins et on n’en parle plus…).

Vous allez me dire, c’est bien beau tout ça, mais sans le soutien du ministère, ils sont un peu mal.

Faux. Parce que, ni une ni deux, Canal + se fend d’un communiqué pour annoncer son partenariat avec la ville de Cannes pour un festival international des séries. Pierre Lescure annonce soutenir le projet. Et Reed Midem, organisateur du MIPTV, a proposé ses services.

Là, je visualise les gens du ministère. Qui, gasp, ont du l’avoir super mauvaise quand même. Parce que dans le genre « je m’en fous je fais ce que je veux » Cannes se pose là. Et j’ai comme l’impression qu’elle a les relations qu’il faut, la puissance qu’il faut, et la renommée internationale qu’il faut pour arriver à ses fins.

 

Donne moi de la pop, bébé

 Le film dont tout le monde se souvient mais qui n’existe pas

Dans les années 90 serait sorti un film, baptisé «  Shazaam  » qui raconte l’histoire d’un génie un peu bête qui exauçait les vœux de deux enfants. Le génie était joué par un comédien de stand-up nommé Sinbad. Sur Internet, beaucoup s’en souviennent avec nostalgie. C’est la petite madeleine de Proust de nombreux internautes. Sauf que le comédien a déclaré n’avoir jamais joué dans un tel film, et que, preuve à l’appui, le film n’a jamais existé. Comment se fait-il alors que des milliers de personnes dans le monde sont persuadées l’avoir vu ? C’est l’effet Mandela…

Netflix ou la fin du culte

Dans la même veine : auparavant il était facile de se construire des références culturelles communes. On a tous regardé Madame est servie par exemple, ou Récré A2 pour les plus tapés d’entre nous. Sauf que maintenant, avec Netflix et les multiples choix de programmes qui s’offrent à nous, nous n’avons plus de culture télévisuelle commune. Lorsqu’une nouvelle série est lancée sur une chaîne, il n’y a plus la moitié de la population scotchée devant sa télé. Et il en va de même pour la publicité, la musique, ou autre divertissement, constate le journaliste du NY Times.

Les femmes ont la parole (ou pas)

C’est encore un article en anglais, mais il s’agit de schémas alors c’est pas dur, qui comptabilisent la présence de personnages féminins dans les films et leur temps de parole. Et c’est édifiant. Par exemple, dans Rogue One, 91% des personnages sont des hommes et 83% des dialogues leur sont attribués. Il n’y a que dans les films d’animation que les femmes s’en sortent mieux (quand elles incarnent des petites lapines, ou des poissons) : dans Le monde de Dory elles représentent 42% des personnages et trustent 53% des dialogues (pour les poissons, hip hip hip hourra !).

Les vidéos Youtube que personne ne regardent

Attention c’est bien vendu : cet article aurait pu être mieux mais il vaut le coup d’œil quand même. Bienvenue dans le monde fascinant des vidéos à zéro vues.

 

Tout, rien, pas grand-chose, mais quand même un peu

 Trump, ton univers impitoya-able (tin, tin, tindin)

On n’a pas fini d’en parler (et les journalistes n’ont pas fini d’en baver, pour être polie). Les relations de Trump avec les médias promettent d’être tumultueuses. La newslettre Brief Me raconte que « sur la radio publique WNYC, George Lakoff, ancien professeur de linguistique cognitive à l’université de Californie, explique que Donald Trump utilise Twitter de quatre manières : pour imposer sa vision d’un événement (il répète systématiquement qu’il a largement remporté l’élection), faire diversion lorsque l’actualité le dessert, tester des idées et attaquer ceux qui le critiquent. Il recommande aux journalistes d’analyser ces méthodes pour ne pas relayer systématiquement ses messages. » Le Monde explique également que les journalistes marchent sur des œufs, puisque « dès qu’un article lui déplait, Trump contre-attaque par vois de presse, de justice ou sur Twitter. » Il n’hésite pas non plus à ne pas donner la parole à certains journalistes dans les conférences de presse, voire à les traiter de tous les noms.

Virulents… mais en vrai, moins

Dans le genre virulent, il y a les trolls (d’ailleurs, ça me fait penser : un excellent article de Charlie Hebdo expliquait en quoi Trump était un troll. Old ! Old ! ). Les trolls, vous savez ces sales bestioles d’internet qui s’éclatent à insulter tout le monde derrière leur écran. Et bien une fois devant la justice, ils sont très penauds : « J’étais mal réveillé, c’était un lundi matin » Voilà, voilà…

Il n’y a plus d’intime

Merci à Nadia Daam pour cet article qui revient sur l’affaire Buffy Mars et le harcèlement à domicile. Pour rappel, Buffy a été draguée par SMS par le technicien Orange qui venait de passer chez elle réparer sa box. Elle a immédiatement contacté la hiérarchie de ce dernier et publié l’info sur Twitter. Evidemment, au lieu du soutien attendu, elle s’est faite pas mal incendier. Moi-même, en voyant passer l’histoire, je me suis dit qu’elle en avait peut être fait un peu trop, que le technicien ne faisait que tenter sa chance, que ça n’était pas si grave. Or, si, c’est grave parce que, comme le rappelle justement Nadia Dâam : un technicien (ou livreur de pizza, ou chauffeur VTC ou autre) qui vient rendre un service à domicile, et qui possède donc toutes vos coordonnées (téléphone, adresse, digicode…), et qui sait en plus potentiellement quelle est votre situation familiale (seule ? Seule avec enfant ?)  ne doit en aucun cas pouvoir s’en servir dans d’autres circonstances que celles de son travail. Sinon, c’est une angoisse sans nom.

 

En images

 Dans le genre mémoire collective

Il y a des vidéos que les moins de 20 ans (30 ans) ne peuvent pas connaître et qui sont entrées dans la mémoire collective de toute une génération. Comme cette publicité pour Twix, parodie de pub pour lessive)  , cette autre pour les ChocoSuiss  , la comédie musicale pour le PQ  ou encore la pub Milka.

Allez les vieux, c’est fini pour cette semaine, on peut aller se coucher.

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